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Fiche liturgique « Journée du Diaconat 2018 » FR

Langue : français

Homélie pour le 11e dimanche du temps ordinaire B
Journée diocésaine du diaconat

Un des acquis les plus précieux du deuxième concile du Vatican (Balthasar Fischer) est de donner au ministère du diaconat une place centrale dans l’église d’aujourd’hui et de demain.

Le diacre est le représentant sacramental de l’archidiacre Jésus Christ dans l’Église, pour l’Église, pour les hommes et en particulier pour les pauvres. Le signe sacramental du diaconat est que Jésus a lavé les pieds à ses disciples. Laver les pieds aux autres, cela exprime l’amour, et non de laver la tête aux autres. Le diacre permanent – comme aussi le prêtre et l’évêque – restent tout au long de leur vie diacre, serviteur, pour ainsi donner visibilité au diacre Jésus Christ. Le diacre n’est ni un travailleur social consacré ni un remplaçant du prêtre, il est le symbole sacramental de l’archidiacre Jésus Christ pour l’Église au service des hommes.

L’Église a besoin du diaconat aussi dans le sens où tout service clérical est diaconie et le reste. Diaconie signifie service – avec Jésus Christ pour les hommes. Le diacre doit servir la Parole de Dieu et doit servir par la parole de Dieu. La charge principale du diacre est selon la tradition de l’Église l’annonce de l’Évangile à tous les niveaux et selon toutes les formes. Le diacre est évangéliste ! Il doit tendre aux hommes le pain de la Parole, la Parole qui donne du sens à l’homme et à sa vie, car l’homme ne vit pas seulement du pain mais aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

La première tâche du diacre est l’évangélisation ; il proclame ce qu’il a entendu. Il peut partager l’Évangile seulement si lui-même met la priorité à l’écoute de la Parole de Dieu. C’est pour cela que le ministère du diaconat n’est pas simplement un travail, pas simplement un métier, mais une vocation. Dieu appelle l’homme au plus profond de son humanité, là où nous faisons l’expérience en tant qu’homme de la joie et de la souffrance des hommes. « Joie et espoir, tristesse et angoisse des hommes d’aujourd’hui, en particulier des pauvres et des opprimés de tout genre sont aussi joie et espoir, tristesse et angoisse des disciples de Jésus. » (Gaudium et Spes 1). Le diacre est un homme qui au plus profond de lui-même est interpellé par l’Évangile.

La croix est aussi au milieu de l’Évangile. Qui accepte la croix dans sa propre vie peut aussi comprendre la croix et la douleur des autres et peut vraiment offrir réconfort aux autres. Ainsi il fait prendre part au salut et rétablit l’homme dans ce à quoi Dieu l’a destiné.

Le diacre est au service de son prochain. L’amour du prochain ne doit pas être une expression creuse. La vie du diacre doit répondre à la vie de Jésus. La diaconie a une fonction élémentaire dans l’annonce de l’évangile et dans les célébrations liturgiques. Ces trois ensemble forment l’accord parfait de la vie ecclésiastique, un modèle pour nous tous.

Nous parlons aujourd’hui souvent et à raison de manque de prêtres. Mais ne devrions-nous pas aussi déplorer le manque de diacres dans l’église d’aujourd’hui ? La diaconie n’est non seulement une dimension essentielle de la vie de l’Église, mais elle est aussi inséparablement liée à d’autres fonctions fondamentales de l’Église. A l’exemple de la diaconie nous voyons si la célébration est juste et sérieuse : Une pratique liturgique, qui dans la vie de tous les jours n’est pas interprétée et commentée par le service diaconal du lavement des pieds, est exposée au risque de devenir creuse. Alors la célébration liturgique n’est qu’un culte, qu’une façade. C’est pour cela que le diacre, à la fin de l’eucharistie, appelle les fidèles au témoignage : « Allez dans la Paix ! » « Ite missa est », cela veut dire que c’est le moment que la Paix du Christ obtienne une chance dans le monde face à la discorde.

Lors de sa consécration le diacre promet de prier fidèlement aux heures pour le peuple de Dieu et pour le monde entier. Le diacre est crédible s’il est un homme de la prière. Dans la prière nous rencontrons Dieu qui est présent en nous tous. Cette conviction de la foi ne peut dépasser le stade de la théorie qu’à condition que nous nous convainquions de sa présence dans la prière et que nous approfondissions notre attachement à Lui. La prière ne distrait pas du service concret. Le diacre, un homme de la prière, qui promet à l’évêque respect et obéissance, dans le sens que le service véritable dans l’Église ne consiste pas en la réalisation de soi-même mais dans la réalisation de l’amour de Dieu pour les hommes.

La Journée du Diaconat est l’occasion d’être reconnaissant pour les nombreux hommes avec leurs épouses et familles qui ne se sont pas fermés à l’appel de Dieu. Gardons présents à notre esprit tous les diacres permanents, fussent-ils mariés ou célibataires, à titre professionnel ou en activité secondaire.

La parabole du bon grain est aussi une bonne nouvelle pour tous les diacres dont le cœur bât pour la diaconie. Comme souvent paraît la diaconie dans l’Église comme vaine. Comme le semeur dans la parabole les diacres et nous tous sommes appelés à bâtir sur la grâce de Dieu qui vient toujours à notre rencontre par son amour. Dieu n’a pas besoin de vedettes, pas de chrétiens parfaits. Dieu laisse pousser. Et parfois il suffit déjà de ne pas nous y opposer. Jetons un regard sur l’histoire de l’Église : Alors nous découvrons que non seulement des grands théologiens ont fait avancer l’Église mais aussi des gens comme François d’Assise et beaucoup d’autres. À l’exemple de de tels hommes on reconnaît l’œuvre de Dieu. Oui, Dieu est à l’œuvre dans le diaconat. Découvrons ces traces salutaires et suivons ces traces. Soyons reconnaissants.

Père Théo Klein SCJ

 
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