Congrégations
 

Quaresima 2016

Messaggio dell’Arcivescovo : « Miséricordieux comme le Père »


Chers sœurs et frères !

Cette année, le temps du Carême revêt un caractère tout particulier. En effet, le temps du Carême en l’Année Sainte de la Miséricorde, que nous célébrons avec toute l’Église depuis le 8 décembre 2015, met encore plus que d’habitude la miséricorde de Dieu au cœur de nos vies. Pendant ces quarante jours du temps de pénitence pascal, nous devons réfléchir à notre chemin avec Dieu et avec les hommes, réfléchir où nous en sommes dans notre vie de foi et de prière, être attentifs à nos frères et sœurs, nous ouvrir à Dieu. Une des plus belles images pour ce temps de conversion est la parabole du « Fils prodigue » (Lc 15, 11-32). Elle nous parle de ce fils qui ne voulait plus vivre dans la maison de son père si bon, dans le bien-être du foyer paternel. Il voulait faire l’expérience du « monde », il voulait trouver le bonheur sous d’autres cieux, il pensait qu’il pourrait avoir une vie plus agréable loin de sa maison et de son père. Au début, tout allait pour le mieux, il n’éprouvait aucune nostalgie, il s’amusait et était d’humeur joyeuse. Jusqu’au jour où il n’a plus eu d’argent et où il a remarqué que tous ses soi-disant amis ne le connaissaient plus, et qu’il a dû tout à coup gagner sa vie en gardant des porcs. Il a alors fait un examen de conscience, et après une longue réflexion, il a pris la décision de revenir chez son père et de lui proposer de travailler pour lui comme ouvrier. Ce qui est le plus merveilleux dans cette histoire, c’est la réaction du père : il n’est pas fâché du départ de son fils, mais il attend jour après jour avec impatience son retour, et quand il le voit de loin, il court à sa rencontre, le prend dans ses bras, ne le laisse même pas s’expliquer, et organise une grande fête en l’honneur de son retour.

Quand on transpose cette parabole, celle-ci nous dit avant tout la miséricorde infinie de Dieu. Dieu est là jour après jour et nous attend, il attend que nous revenions vers lui, oui, il accourt même vers nous pour nous envelopper dans son amour et sa miséricorde. Dieu est ainsi, pouvons-nous dire, Dieu est ainsi pour nous les hommes. Le temps du Carême cette année nous appelle tout particulièrement à nous laisser toucher par cette miséricorde de Dieu à notre égard, à simplement nous laisser envahir par cette miséricorde et à ressentir son amour pour nous.

Le sacrement de la réconciliation, auquel je vous invite aussi tout particulièrement pendant le temps du Carême, est un moment privilégié pour cela. Il ne s’agit pas là de nous sentir coupables, d’avoir mauvaise conscience ou qu’on nous reproche tout le mal que nous avons commis – et si nous sommes vraiment honnêtes avec nous-mêmes, nous devons aussi avouer que nous ne sommes peut-être pas tout à fait aussi parfaits que nous voulons parfois le paraître à nos yeux et à ceux des autres. Mais il ne s’agit pas en premier lieu de la culpabilité – non, il s’agit de nous laisser toucher par cette miséricorde de Dieu, très concrètement, chacun d’entre nous, dans les belles paroles de la « rémission des péchés » prononcées par le prêtre. Nous pouvons ainsi faire l’expérience que Dieu nous prend vraiment au sérieux, que nous comptons tous personnellement à ses yeux, qu’il enveloppe de son amour chacun d’entre nous. Je ne peux que répéter encore une fois : allez de nouveau vous confesser ! Ouvrez-vous à la miséricorde de Dieu ! Acceptez que Dieu vous aime !

Le temps du Carême ne nous appelle pas seulement à nous laisser à nouveau toucher par la miséricorde de Dieu mais aussi à faire nous-mêmes des œuvres de miséricorde. La tradition de l’Église connaît, outre les 7 œuvres de miséricorde spirituelles, également les 7 œuvres de miséricorde corporelles : nourrir l’affamé, accueillir l’étranger, vêtir les malheureux, soigner les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts et faire l’aumône. Beaucoup de ces œuvres sont accomplies par des institutions d’Église ou étatiques. Mais il en va, ici aussi, de bien davantage, il s’agit d’ouvrir réellement son cœur pour ces personnes qui sont dans le besoin, de se laisser toucher au plus profond par cette détresse, et de réfléchir comment je peux très consciemment aider l’autre dans sa souffrance, comment je peux lui donner une place dans ma vie et dans notre société, afin qu’il puisse se sentir accepté. Nous sommes ici spécialement interpellés en tant que chrétiens, justement à une époque où un si grand nombre de personnes viennent frapper aux portes de l’Europe pour trouver chez nous la sécurité qu’elles recherchent. Ces personnes n’auraient-elles tout à coup plus le droit d’être des êtres humains chez nous ? Nous ne pouvons pas parler d’un Dieu qui devrait être miséricordieux avec nous, si nous fermons nos cœurs, nos portes et nos frontières aux autres.

Chers frères et sœurs ! Nous fêtons aussi, lors de cette Année Sainte de la Miséricorde, le 350e anniversaire de l’élection de Notre-Dame, Consolatrice des Affligés, comme patronne de la Ville de Luxembourg. Ce n’est pas un jubilé qui n’aurait rien à voir avec l’Année Sainte. Non, nous pouvons invoquer et reconnaître Marie elle-même, comme mère de la miséricorde, « Mater misericordiae ». La population s’était à l’époque mise particulièrement sous sa protection et son intercession, et elle a pu faire entretemps l’expérience que Marie nous accompagne à Luxembourg depuis des siècles et prend toujours notre pays et ses habitants sous sa protection. Ainsi ce jubilé de la Consolatrice doit être pour nous tous un temps de grâce, pendant lequel nous nous confions de nouveau à Marie, pendant lequel nous déposons entre ses mains les supplications et le renouveau de notre Église à Luxembourg, pendant lequel nous pouvons lui dire les préoccupations du monde. Elle nous accompagne et nous conduit encore et toujours vers son fils Jésus Christ, qui rayonne de la miséricorde de Dieu pour nous, afin que nous puissions nous-mêmes devenir aussi miséricordieux que notre Père au ciel !

Messaggio dell’Arcivescovo per la Quaresima 2016

Luxembourg, en ce jour de la Présentation du Seigneur, 2 février 2016

+ Jean-Claude Hollerich
Archevêque de Luxembourg

 
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