Mouvements
 

9e Journée mondiale contre la peine de mort - 10 octobre 2011

Table ronde interreligieuse

Table ronde : « Les religions face à la peine capitale »

Lundi 10 octobre 2011

L’Etat a-t-il un pouvoir de vie et de mort sur ses citoyens ? C’est la question qui se trouve au cœur du débat sur la peine de mort. Avant d’être politique ou juridique, cette question est philosophique et morale.

Nous assistons, depuis 20-30 ans, à une importante évolution des mentalités et des législations sur le plan mondial en matière de peine capitale, à un véritable mouvement d’opinion. Chaque année, de nouveaux Etats rejoignent les rangs des pays abolitionnistes ou proclament la suspension des exécutions. En 2010, 139 pays dans le monde avaient aboli cette peine en droit ou en pratique. Depuis dix ans, la Coalition mondiale contre la peine de mort – groupement d’associations, d’institutions et de collectivités de tous genres – se développe et influe de plus en plus sur l’opinion et sur les gouvernements. Et pourtant il reste encore beaucoup à faire : 58 Etats, dont certains très grands comme les Etats-Unis et la Chine, maintiennent cette peine et la pratique. L’année dernière, 23 de ces Etats rétentionnistes ont procédé à des exécutions. Dans ces pays, les condamnés à mort sont maintenus dans des conditions d’incarcération inhumaines, bien en deçà des normes internationales en matière de droits de l’homme. Les méthodes d’exécution, telles la lapidation et l’injection létale, peuvent également causer des souffrances physiques aiguës s’apparentant à un traitement cruel, inhumain et dégradant.

Face à cette situation, à ce débat d’idée, à l’évolution progressive des mentalités et des systèmes de protection de la dignité humaine, comment se situent les religions ? Que nous affirment ces grandes familles spirituelles – le judaïsme, l’islam, le christianisme, le bouddhisme – qui disent se fonder sur des valeurs de transcendance prônant le bien de l’humanité, la justice, la compassion et le respect de la dignité humaine ?

Certains de ces mouvements religieux s’accrochent à une interprétation littérale d’extraits de leurs textes sacrés pour justifier l’application de la peine de mort au nom d’une certaine justice. D’autres refusent cette peine, au nom de la valeur intrinsèque de chaque vie humaine et s’engagent parfois activement dans la campagne abolitionniste. D’autres encore tiennent des discours plutôt ambigus …

Cette différence de perspective est illustrée par les évènements qui ont récemment entouré une exécution aux Etats-Unis. D’un côté, des milliers de personnes, d’appartenances religieuses différentes, s’engageaient en faveur de Troy Davis et tenaient des veillées de prière à la veille de la décision des autorités de l’Etat de Géorgie. De l’autre, l’un des responsables de la Southern Baptist Convention, l’Eglise protestante la plus importante des Etats-Unis, déclarait que l’application de la peine capitale est une manière d’affirmer le caractère sacré de chaque vie humaine, et que celui qui tue une autre personne perd son propre droit à la vie.

Les organisateurs – Erwuessebildung et l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la tortre) – ont tenu, à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, à offrir la parole à quelques représentants des différentes religions présentes au Luxembourg, dans le cadre d’une table ronde sur ce thème d’actualité.

En décembre 2012, l’Assemblée générale des Nations unies sera appelée à voter une nouvelle résolution en vue d’un moratoire mondiale sur les exécutions capitales. A cette occasion, peut-on imaginer que les religions du monde entier, au nom du respect de la vie humaine, unissent leurs voix et agissent ensemble pour promouvoir cette démarche ? Ou ne s’agit-il là que d’un rêve ?

Word 17.2 ko, 6 mars 2017
Compte-rendu de la table ronde
 
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