Mouvements
 
fr de

Bahreïn - Tortures et harcèlement

Appel du mois - Septembre 2017

Outre une pratique généralisée de la torture et des mauvais traitements sur les détenus, les autorités bahreïnites s’en prennent de plus en plus systématiquement aux défenseurs des droits humains et aux opposants politiques du pays.

Des défenseurs des droits humains harcelés et torturés

Nabeel Rajab est le président du Centre des droits humains de Bahreïn et un éminent défenseur des droits humains. Détenu depuis le 13 juin 2016 sur la base d’accusations en lien avec l’exercice pacifique de son droit à la liberté d’expression, il a passé neuf mois et demi de détention à l’isolement, un traitement qui s’apparente à de la torture. Il a ensuite été transféré à l’hôpital des forces de défense de Bahreïn pour une opération chirurgicale suivie de complications. Absent pour cette raison lors de la plupart des séances de son procès, Nabeel Rajab a été condamné le 10 juillet à deux ans de prison pour « propagation de fausses nouvelles ». Il reste poursuivi pour avoir publié des tweets sur des cas de torture présumés dans une prison bahreïnite et pour avoir critiqué les homicides de civils dans le cadre du conflit au Yémen, et encourt jusqu’à 15 ans de prison. Ce nouveau procès a été reporté au 11 septembre.

Ce genre de traitements a bien entendu intimidé plus d’un défenseur des droits humains à Bahreïn, et a réduit au silence bon nombre d’entre eux. Pour ces personnes courageuses, c’est un nouveau risque qui vient s’ajouter aux menaces, interdictions de voyager, interrogatoires et intimidations dont elles font régulièrement l’objet.

Ebtisam al Saegh, défenseure des droits humains, a été convoquée à des fins d’interrogatoire par l’Agence nationale de sécurité le 26 mai. Elle recueillait des informations et avait donné des interviews télévisées sur la récente répression menée dans le village de Duraz qui a causé la mort de quatre hommes et un enfant et fait des centaines de blessés, dont 19 membres des forces de sécurité. Son interrogatoire a duré sept heures durant lesquelles elle a subi des actes de torture dont des violences sexuelles. On lui a ordonné de cesser toutes ses activités de défense des droits humains sans quoi elle serait de nouveau la cible de violences. Dans la nuit du 4 juillet, elle a été arrêtée à son domicile sans mandat. Depuis cette date, elle est détenue à la prison pour femmes Isa Town. Le 19 juillet, elle a été accusée avec deux autres défenseurs des droits, Mohammed Al-Shakhoori et Radhi Saleh Al-qatari, de crimes terroristes et leur détention a été ordonnée pour une période de six mois.

Dégradation générale de la situation des droits humains

Depuis juin 2016, Bahreïn a connu une nette augmentation des violations des droits humains. Des dizaines de défenseurs et de militants politiques se sont vu interdire de se rendre à Genève ou en ont été empêchés par les autorités bahreïnites alors qu’ils devaient participer à des sessions du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Par ailleurs, le 9 janvier 2017, trois exécutions capitales visant trois Bahreïnites chiites, ont marqué la fin du moratoire de fait des exécutions depuis 2008.

Letter - September 2017 - Bahrein
This letter is ready to send. Please add date, name, address and signature.

Traduction de la lettre

Votre Majesté,

Je tiens à vous exprimer ma profonde préoccupation quant à la répression accrue dont sont victimes les défenseurs des droits humains et d’autres voix critiques à l’égard du gouvernement de votre pays.

Je souhaite en particulier attirer votre attention sur la situation de Nabeel Rajab, condamné le 10 juillet à deux ans de prison pour avoir exprimé pacifiquement son opinion, et qui encourt une nouvelle peine de prison lors d’un second procès, de nouveau pour avoir dénoncé des violations des droits humains. De même, la détention de Ebtisam al Saegh pour ses recherches et ses déclarations sur la répression menée dans le village de Duraz est en totale contradiction avec les engagements internationaux de votre État en matière de droits humains et de liberté d’expression. Par ailleurs, les conditions d’interrogation et de détention de ces deux personnes, relevant de la torture, violent les traités internationaux en la matière, notamment la Convention contre la torture, à laquelle Bahreïn a adhéré en 1998.

Par conséquent, je vous demande instamment :

  • d’autoriser les Bahreïnites pacifiques à exprimer leurs opinions, de protéger les défenseurs des droits humains et de remettre en liberté tous les prisonniers d’opinion ;
  • d’abandonner toutes les charges retenues contre Nabeel Rajab et de le libérer immédiatement et sans condition car il s’agit d’un prisonnier d’opinion, détenu seulement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression ;
  • de diligenter sans délai une enquête indépendante sur toutes les allégations de torture et de mauvais traitements, dont des violences sexuelles, qu’aurait subis Ebtisam al Saegh et à traduire en justice les responsables présumés dans le cadre de procès équitables ;
  • de mettre un terme immédiatement à l’utilisation de la torture et aux autres mauvais traitements à l’encontre de détenus, notamment de défenseurs des droits humains et d’autres voix critiques.

Dans l’espoir d’un accueil favorable à ma requête, je vous prie d’agréer, Votre Majesté, l’assurance de ma très haute considération.

La lettre est adressée à Shaikh Hamad bin ‘Issa Al Khalifa, Roi de Bahreïn

Fax : +973 1766 4587

N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature

Timbrez à 1,30 €

Écrivez avant le 30 septembre 2017


Sources  :
- Amnesty International : sur Nabeel Rajab et sur Ebtisam al Saegh
- OMCT : sur Nabeel Rajab et sur Ebtisam al Saegh
- Bahrain Center for Human Rights

 
© Äerzbistum Lëtzebuerg . Archevêché de Luxembourg
verschidde Rechter reservéiert . certains droits réservés
4 rue Genistre, L-1623 Lëtzebuerg
Postkëscht 419, L-2014 Lëtzebuerg
+352 46 20 23
archeveche cathol.lu