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ERYTHREE - Répression de journalistes

Appel du mois - Juillet-Août 2017

Cette année, le Prix mondial de la liberté de presse de l’UNESCO a eté décerné, le 3 mai, au journaliste suédo-érythréen Dawit Isaak, détenu au secret en Erythrée depuis plus de 15 ans. Les dernières nouvelles de ce journaliste datent d’un témoignage, en avril 2010, d’un gardien de prison réfugié en Éthiopie, qui le décrivait malade et faible.

Fondateur du premier journal indépendant d’Erythrée

Dawit Isaak, dramaturge, journaliste et écrivain, s’est exilé en Suède en 1987, pays qui lui a ensuite octroyé la citoyenneté. En 1993, au lendemain de l’indépendance de l’Erythrée, il est retourné dans son pays natal, où il a fondé Setit, le premier journal indépendant du pays. M. Isaak était connu pour ses reportages critiques et engagés. En 2001, son journal publiait une lettre ouverte demandant la tenue d’élections libres et l’application de la Constitution promise. La répression fur terrible : Dawit Isaac et neuf autres journalistes furent alors arrêtés en septembre et jetés en prison. Le gouvernement annonça que tous les organes de presse seraient dorénavant interdits de publication. Au même moment, 11 représentants politiques étaient arrêtés. On ne sait toujours pas où sont détenus ces 21 prisonniers d’opinion. Il est fort à craindre qu’ils aient été maltraités et torturés, étant donné les conditions des prisons d’Érythrée et les méthodes qui y sont pratiquées, souvent dénoncées par les ONG « droits de l’homme » internationales, ainsi que par les Nations-Unies. Selon certaines informations, 13 de ces personnes, dont Dawit Isaak, seraient mortes en détention. Cependant, en juin 2016, le Ministre des affaires étrangères d’Érythrée annonçait que Dawit Isaak était encore vivant, tout en précisant qu’il ne serait jugé que lorsque le gouvernement en prendrait la décision.

Un pays parmi les plus répressifs

Selon la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, Sheila B. Keetharuth, « le cas de M. Isaak est emblématique de tous ceux qui ont été victimes de disparitions forcées par le gouvernement de l’Érythrée et qui demeurent introuvables ». Lors de la cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse, elle affirmait que les autorités érythréennes « continuent de réprimer toutes les formes d’expression perçues comme critiques à l’égard du gouvernement et de sa politique ».

Reconstruire la confiance avec les Erythréens

De façon générale, Mme Keetharuth note que « le gouvernement de l’Érythrée a l’obligation de fournir des informations urgentes sur le sort des détenus et de l’endroit où se trouveraient toutes les personnes privées de liberté ». « Ce serait une première indication, même tardive, que le gouvernement s’est engagé à reconstruire la confiance avec les Érythréens », ajoute-t-elle. « En permettant aux observateurs indépendants d’accéder immédiatement et sans entrave à tous les lieux de détention, officiels et non officiels, le gouvernement enverrait un signal fort indiquant qu’il reconnaît les violations des droits humains du passé, tout en prenant dès à présent des mesures pour améliorer la situation sur le terrain ».

Lire également la Résolution du Parlement européen du 6 juillet 2017 sur l’Érythrée, en particulier les cas d’Abune Antonios et Dawit Isaak (2017/2755(RSP)

Letter - July-August 2017 - Eritrea
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Traduction de la lettre

Excellence,

Je tiens à vous exprimer ma profonde préoccupation quant à la situation de Dawit Isaak et de tous les autres prisonniers politiques détenus en Erythrée pour l’exercice pacifique de leurs droits à la liberté d’expression, d’opinion, d’association, de religion ou de conviction.

Selon les informations que j’ai reçues de l’ACAT Luxembourg (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Dawit Isaak, un citoyen suédo-éritréen, rédacteur en chef du journal Setit, a été arrêté et emprisonné en septembre 2001, en même temps que 9 autres journalistes et 11 représentants politiques. Depuis cette date, il est resté en détention sans inculpation ni jugement. Son lieu de détention n’est pas connu. Nous sommes très préoccupés par son état de santé et ses conditions de détention.

Par conséquent, je vous demande instamment :

  • de révéler sans délai le lieu de détention de Dawit Isaak et le sort qui lui a été réservé, et de garantir qu’il ait accès à sa famille et à sa représentation légale, qu’il soit protégé contre la torture et tout autre mauvais traitement, et qu’il ait accès aux soins médicaux dont il a besoin
  • de libérer Dawit Isaak et tous les autres prisonniers de conscience détenus en Erythrée ;
  • que tout prisonnier soupçonné d’un crime soit inculpé d’une infraction pénale dûment reconnue, ou libéré. Toute personne inculpée doit être jugée sans délai devant un tribunal civil, conformément aux normes équitables internationales en la matière.

Je vous prie d’agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération.

La lettre est adressée à Issayas Afwerki, Président de l’Erythrée

N’oubliez pas :
vos nom et prénom, votre adresse, la date, votre signature

Timbrez à 1,30 €

Écrivez avant le 31 juillet 2017


Sources :
- Amnesty International
- Reporters Sans Frontières

 
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