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Déclaration du Conseil d’Eglises Chrétiennes au Luxembourg sur la torture

Chaque année, le 10 décembre, date anniversaire de la déclaration Universelle des droits humains, nous rappelle les principes fondamentaux que l’humanité se doit de respecter.
Par leur signature en 1948 tous les états ont tenu à faire valoir la suprématie des droits inaliénables et inhérents à tout être humain.
Or nous devons constater aujourd’hui un recul des mentalités et une remise en question de l’interdit absolu de la torture par un nombre croissant des états au nom de la lutte contre le terrorisme. Les Etats-Unis viennent par exemple de légaliser la torture et la France a remis à Vladimir Poutine les insignes de Grand-Croix de la Légion d’honneur, alors que nul n’ignore que les mauvais traitements et les assassinats politiques sont assez courants dans ce pays. D’autres pays citent « l’exemple » américain pour justifier leurs pratiques

Il y a quelques mois que les églises avaient, face à ce danger, décidé de prendre ensemble une position contre la torture.
C’est avec la plus grande joie que l’Acat salue aujourd’hui la déclaration des églises chrétiennes pour les droits fondamentaux,en particulier le droit à ne pas être soumis à la torture.
Nous remercions vivement tous les acteurs de cette déclaration et nous mettons notre espoir d’un soutien croissant par nos églises dans notre travail pour les droits fondamentaux.

Monique Ruppert, présidente de l’Acat-Luxembourg.

Déclaration du Conseil d’Eglises Chrétiennes au Luxembourg sur la torture

Conscientes du risque de banalisation des pratiques tortionnaires, nous, Eglises et communautés membres du Conseil d’Eglises Chrétiennes au Luxembourg, voulons rappeler avec fermeté et sans ambiguïté l’interdit de la torture. Cet interdit nous semble être actuellement en péril du fait de la justification de la torture par la lutte contre le terrorisme et les enlèvements ou prises d’otages.

Prendre prétexte du combat contre le terrorisme pour légitimer la répression envers des groupes d’opposition ou des minorités, c’est ouvrir une brèche importante dans le droit international en vigueur qui prohibe de façon absolue et universelle la pratique de la torture. C’est aussi nier le principe absolu du respect de la dignité de la personne, l’amour du prochain, le dialogue, la communion fraternelle et la recherche de la paix. La fin ne justifie jamais les moyens. Si combattre le terrorisme est légitime et nécessaire, prétendre le faire par des méthodes de terreur ne fera que renforcer le terrorisme et les violences qui s’ensuivent.

En tant que chrétiens, nous sommes appelés à être porteurs du message non-violent du Christ, à participer à la mission de Dieu pour la justice et la paix et le respect de la dignité de toutes les personnes. Nous voulons ainsi témoigner d’un œcuménisme concret et de l’unité des chrétiens dans le refus de cette pratique destructrice et le rappeler à tous les gouvernants.

Nous saluons l’engagement de toutes celles et tous ceux qui luttent contre la torture et les exécutions capitales. Nous appelons tous les membres de nos Eglises et communautés à s’engager dans le combat pour les victimes de la torture, à être des serviteurs de la justice, et des bâtisseurs de paix.

Enfin, nous voulons rappeler que, bien souvent, les inégalités économiques et les discriminations sont le terreau sur lequel fleurissent les violations des droits de l’homme que sont la torture et les restrictions des libertés publiques qu’entraîne la lutte contre le terrorisme.

Luxembourg, le 10 décembre 2006.

 
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