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Les mains liées

Méditation pour le Vendredi Saint 2015

L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture relie le Vendredi Saint aux victimes de la torture.

Le sculpteur Tilman Riemenschneider (1460 – 1531) a réalisé ces mains liées d’un homme martyrisé. Les cordes entaillent douloureusement la peau et ne permettent aucun mouvement. L’homme est à la merci de ses bourreaux, impuissant. Il lui est absolument impossible d’agir.

La sculpture est datée de 1515. Dix ans plus tard, durant les tourmentes de la guerre des Paysans et alors qu’il prend le parti des citoyens contre leurs seigneurs, Riemenschneider est lui aussi emprisonné et subit un « interrogatoire musclé ». De la torture donc. Que l’on ait brisé les mains de ce talentueux sculpteur durant sa détention – et avec elles sa force créatrice et sa joie de vivre – n’est pas historiquement prouvé. Mais une telle idée amène à porter un autre regard sur ces mains liées.

Depuis plus de deux mille ans, le Vendredi Saint est le jour durant lequel nous nous remémorons avec consternation le supplice de Jésus : arrêté, enchaîné, torturé, crucifié, livré sans défense à l’une des formes les plus cruelles de peine de mort. Lui dont les mains guérissaient et bénissaient, lui qui libérait les hommes des chaînes de l’injustice, lui-même se retrouve en définitive avec les mains liées.

Quand nous méditons la Passion de Jésus, nous savons que le Fils de l’Homme est à nos côtés, au plus profond de notre impuissance et de notre souffrance. Et nous n’allons pas détourner le regard de toutes ces personnes qui sont aujourd’hui persécutées et entravées. En ce jour de Vendredi Saint, l’ACAT aimerait plus particulièrement attirer l’attention sur la situation des personnes qui vivent dans la République du Congo : comme dans de nombreux pays d’Afrique, les prisons y sont surpeuplées et les conditions de vie carcérale humiliantes. De nombreux prisonniers sont livrés aux mauvais traitements, à la torture et à l’arbitraire.
« »
« J’ai les mains liées. Je ne peux rien faire. » Cette phrase revient souvent quand on évoque la souffrance causée par les agissements de l’homme dans le monde. Le Vendredi Saint nous rappelle l’inconfortable conviction de notre foi : est avec Jésus celui qui est avec l’homme maltraité. « J’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! … Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 36.40)

Celui qui se libère, celui qui se laisse libérer des chaînes de l’indifférence et de l’incapacité d’agir, celui-là accomplit les paroles du prophète Isaïe : « Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? » (Is 58, 6)

 
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