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L’Acat et l’Afrique du Sud

Fondée en 1985, l’Acat-Luxembourg a aussitôt pris part à la lutte internationale contre l’apartheid.
Aujourd’hui, les liens très étroits que l’Acat a tissés avec le Père Michael Lapsley et l’Institut for Healing of Memories, qu’il dirige au Cap, prolongent cet attachement de notre association pour l’Afrique du Sud.

En hommage à Nelson Mandela, voici un aperçu de notre modeste participation au combat qu’il a mené durant toute sa vie, aux côtés de son peuple.

« Je savais parfaitement que l’oppresseur doit être libéré tout comme l’opprimé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés et de l’étroitesse d’esprit. (…) Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur. »
Nelson Mandela (Autobiographie)

- A partir de sa création en 1985 et jusqu’au début des années 90, l’Acat-Luxembourg a proposé de très nombreux appels urgents concernant l’Afrique du Sud : des cas d’arrestations arbitraires, de tortures, de mauvais traitements dans les prisons et dans les commissariats, d’exécutions. (Exemple : En l’espace de quelques mois de fin 1985 à mi-86, 21 cas sud-africains ont été traités par des membres).

- En avril 1986, l’Acat-Luxembourg s’associe à la campagne Amnesty International d’alors sur l’Afrique du Sud (South Africa : State of Fear) et crée un groupe de travail pour coordonner ses efforts et répercuter la campagne parmi ses membres et partenaires. L’une des tâches de ce groupe était d’écrire des lettres aux responsables d’Églises, tant au Luxembourg qu’en Afrique du Sud, pour leur demander de s’engager contre l’apartheid au nom des valeurs de l’Évangile qu’ils prêchaient.

- 16 juin 1986 : l’Acat-Luxembourg organise un rassemblement de prière et de silence sur la parvis de la cathédrale pour marquer le 10ème anniversaire du drame de Soweto, à la suite du soulèvement des écoliers. Plus de 150 personnes ont rejoint le grand cercle qui s’est formé sur le parvis.

- En avril 1987, l’Acat-Luxembourg décide de soutenir l’action « Afrique du Sud » organisée par le groupe « Jeunes » de l’Acat-France (40% des personnes mises en détention depuis l’état d’urgence déclaré en juin 1986 sont des jeunes ; beaucoup de jeunes subissent des pressions pour devenir des indicateurs). Une trentaine d’associations participent à cette action lancée par l’Acat-France. L’Acat-Luxembourg se fait également le relais de cette action auprès d’associations luxembourgeoises, telles que Frères des Homme est La Vie Nouvelle.
En mai 1987 se met en place le Collectif « Afrique du Sud », dont les actions sont coordonnées par Frères des Hommes et auquel participe l’Acat-Luxembourg. Création d’un réseau de professeurs et d’éducateurs de contact dans les lycées luxembourgeois, diffusion de dossiers pour leur permettre d’organiser des cours d’échanges sur l’apartheid, distribution de T-shirts et de badges contre l’apartheid, envois de cartes aux enfants emprisonnés et de lettres aux autorités sud-africaines. Cette action se poursuit jusqu’à Noël 1987.
En septembre 1987, il est décidé par le collectif d’élargir cette action en 1988 au-delà de la question de l’emprisonnement des jeunes pour inclure d’autres aspects de l’apartheid.

- Septembre 1987 : les membres Acat sont encouragés à boycotter les produits en provenance d’Afrique du Sud. Diffusion d’une liste de produits.

- 14 Décembre 1987 : lors de sa veillée annuelle pour la Journée des Droits de l’Homme, l’Acat présente une exposition « L’enfant et l’apartheid » et recueille des dons pour le Fonds de solidarité pour les victimes de l’apartheid".

- Mars 1988 : l’Acat-Luxembourg est invitée par les groupes JEC de Luxembourg et Metz à présenter ses actions en faveur de l’Afrique du Sud.

- Juin 1988 : l’Acat-Luxembourg diffuse un appel auprès de tous ses membres et sympathisants en faveur des « six de Sharpeville », suite au rejet du recours à l’encontre de leur exécution.

- 10 décembre 1988 : les membres du Conseil de l’Acat-Luxembourg s’adresse au Président Botha pour exprimer leur grande satisfaction à l’annonce de la grâce présidentielle accordée aux « six de Sharpeville ».

- Février 1990 : l’Acat-Luxembourg adresse une lettre d’encouragement au Président De Klerk, suite à la nouvelle toute récente de sa décision de libérer Nelson Mandela et d’entamer des négociations avec l’ANC.

- 1995 : l’Acat-Luxembourg participe au colloque international de toutes les Acat à Münster, en 1995, sur le thème « Impunité - Justice - Pardon : Chemins de réconciliation ? ». Ce colloque, qui se tenait alors que se mettait en place les mécanismes de la Commission « Vérité et Réconciliation » sud-africaine, a consacré beaucoup de place et de temps à la situation de l’Afrique du Sud. Le comité de patronage du colloque comprenait Desmond Tutu. L’un des intervenants principaux était Eddie Makue, représentant du Conseil des Églises d’Afrique du Sud, qui était au premier plan de l’organisation de cette Commission.

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L’hommage de Michael Lapsley à Nelson Mandela.

Photo : Michael Lapsley et Nelson Mandela, devant sa cellule de Robben Island pour le 5ème anniversaire de sa libération. Copyright : Michael Lapsley.

 
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