Comptes rendus des Grands Comités de la Conférence St-Yves (assemblées générales)

Compte rendu du Grand Comité de Mars 2015

Cher Membre,
Cher Confrère,

Le Grand Comité de la Conférence Saint-Yves (CSY) s’est réuni à 20:15 le 25 mars 2015 au Centre Jean XXIII à Luxembourg-ville.

Plus d’une vingtaine de membres étaient présents.

Durant le traditionnel repas du Grand Comité, béni par l’aumônier de la CSY, les points suivants ont été successivement présentés :

Le Président de la CSY, Me William Simpson, a accueilli les membres présents et les invités

Il a tout d’abord rappelé l’existence des deux organes collégiaux de la CSY, nommément le « grand » comité, qui est la réunion annuelle de tous les membres de la CSY pour discuter de la gestion de la CSY et définir ses priorités, et le « petit » comité, qui se veut l’organe « exécutif » de la CSY et dont la configuration a considérablement varié dans l’histoire de l’association.

Le Président de la CSY a ensuite introduit l’ordre du jour de la réunion en soulignant la diversité des sujets abordés et en a profité pour remercier les membres du petit comité pour leur travail durant l’année écoulée ainsi que tous les intervenants de la soirée.

Le bilan des activités de la CSY et la feuille de route pour l’année à venir de l’association ont été les deux points qui ont été successivement abordés par le Président de la CSY.

Bilan des activités de l’année judiciaire 2014-2015

De manière générale, il a été mentionné que la messe de la rentrée judiciaire et le banquet de la CSY sont redevenus depuis 3 ans deux rendez-vous annuels importants – constituant ainsi deux « repères chrétiens » au début et à la fin de l’année judiciaire luxembourgeoise. L’organisation du banquet devant par ailleurs demeurer une priorité pour la CSY et rester un évènement de grande qualité avec la présence d’une personnalité de premier plan disposant d’une vision véritablement “universelle”. Ainsi, après la présence des anciens directeurs généraux du FMI et de l’OMC comme orateurs aux banquets de la CSY de 2013 et de 2014, la présence du président de la CEDH comme orateur du banquet de 2015 est un grand honneur pour la CSY.

De manière spécifique à cette année, les points « positifs » ont été les suivants :

  • l’organisation de conférences thématiques qui ont connu un certain succès par ex. avec le cycle de conférences sur le thème « les États et les Religions » (avec la présence d’orateurs de premier plan comme l’ambassadeur de Belgique et le Nonce Apostolique) ;
  • ou encore de diverses formations incluant une lecture de la lettre d’exhortation apostolique Evangelii gaudium, une présentation sur le thème « Béatification et Canonisation – Un procès entre droit et théologie ? », ou encore une dégustation de vin !

Les points « négatifs » ont été aussi identifiés, le principal étant que la CSY n’a pas encore réussi à reconstituer ou du moins à retrouver une véritable expertise juridique.

La « Feuille de Route » pour l’année à venir inclut les priorités suivantes :

  • maintenir la Messe de la rentrée, le Banquet de la CSY, ainsi que le Grand Pardon de la St-Yves à Tréguier ;
  • valoriser les archives de la CSY (incluant tous les bulletins de la CSY depuis les années 1950) ;
  • organiser un cycle de conférences thématiques sur le secteur financier intitulé « Développement et enjeux de la place financière au Grand-Duché de Luxembourg » (abordant notamment les aspects juridiques) ;
  • publier un bulletin spécial pour le centenaire de la CSY (1916 - 2016) couvrant tous les aspects du droit luxembourgeois ;
  • renforcer le petit comité en demandant à des bénévoles leur aide en se mettant au service de la CSY (sur des tâches générales, spécifiques, voire ponctuelles).

Me Vianney de Bagneaux, un des membres du petit comité de la CSY, a ensuite pris la parole pour présenter au Grand Comité les associations de juristes catholiques dans le Monde et leur rôle

Me de Bagneaux a ainsi souligné des différences culturelles selon que ces associations évoluent dans des pays de tradition civiliste ou de tradition Common Law.

Ainsi, il a constaté que, dans les pays de tradition civiliste, les associations de juristes catholiques se placent principalement sous le patronage de Saint Yves, ami des pauvres. Elles ont une activité essentiellement réflective comme notre conférence. Les agendas sont traditionnellement rythmés par une messe de rentrée, un cycle de conférence et des publications – avec quelques initiatives particulières de service des pauvres notamment par l’accès au droit.

Dans les pays de tradition Common Law, les associations de juristes catholiques se placent quant à elle plutôt sous l’emblématique figure de Saint Thomas More, champion de la primauté de la conscience. L’activité de ces associations semble en outre être dominée par la défense communautaire consistant généralement en une défense Pro Bono des personnes catholiques impliquées dans des affaires judiciaires pour avoir défendu leurs convictions.

Enfin quelques grandes traditions, parfois pluriséculaires, rassemblent ces mouvements : le Grand Pardon de la Saint Yves à Tréguier qui accueille chaque année des délégations de juristes catholiques du monde entier et la Red Mass, traditionnelle messe d’ouverture de l’année judiciaire dans de très nombreux pays du monde, en sont deux exemples fidèles.

Les recherches historiques récentes concernant la vie de notre saint patron Yves ont ensuite été présentées par Monsieur Michel Neyens, docteur en droit et membre de la CSY

M. Neyens a retracé les principales étapes de la vie de St. Yves Hérory (Héloury) :

Naissance de St Yves : La date du décès de saint Yves est connue mais pas sa date de naissance. C’est à partir de la date du décès d’Yves (et de son âge approximatif lors de son décès) que l’on on peut rétroactivement établir sa date de naissance à l’année 1250.

Les études de St Yves : Yves part à 14 ans à Paris. Yves commence donc en 1264 ses études (s’il est né en 1250). Il a étudié les arts au moins 4 ans à l’Université de Paris. Il obtient le baccalaurius artium.

Ensuite Yves étudiera à la Faculté de théologie avec un cycle court de 3 ans. Il étudie les décrétales gratiennes au clos Bruneau dans la rue St. Jean de Jérusalem (entre le Panthéon et la rue St. Jacques à Paris). Comme cet enseignement se faisait très tôt de 6 à 9 heures, Yves pouvait ensuite suivre les cours de théologie plus tard de 9 à 12 heures. Mais a-t-il suivi les deux enseignements de droit canonique et de théologie en même temps : on peut en douter mais c’est théoriquement possible…

Il obtient sa licence à 21 ans. Ce qui lui donne le droit d’enseigner et également d’aller étudier à Orléans. Le droit romain n’étant pas enseigné à Paris (suite à une interdiction papale), Orléans était alors une école de droit très connue où le droit canonique était enseigné à égalité avec le droit romain. On se retrouve alors en 1271-1272 lorsqu’Yves quittera Paris pour Orléans. Est-il revenu ensuite à Paris ? Ce n’est pas très clair… On peut donc dire qu’Yves a au moins étudié à Orléans pendant 5 années les deux droits. Mais a-t-il obtenu son doctorat de droit ?

Vocation ecclésiastique et carrière juridique : pour devenir Official (juge ecclésiastique), le concile de Tours de 1236 avait prescrit un minimum d’études des deux droits de 5 années. St Yves aura la trentaine lors de la fin de ses études. Il devra d’abord faire un stage auprès d’une cour ecclésiale. On ne sait pas où il a accompli ce stage.

Entre la fin des études vers 1278 et sa fonction de recteur à Trédrez (en Bretagne), soit 4-5 ans, il est Official à Rennes. Il y suivra des cours de théologie des frères franciscains, mais il ne sera jamais franciscain. Pourquoi a-t-il abandonné cette fonction d’Official à Rennes ? Deux causes sont avancées : l’appel de l’évêque de Tréguier Alain Le Bruc mais également l’héritage familial suite au décès de son père (mais pas de preuve).

Vers 1281 il est ordonné prêtre à Tréguier et y devient Official. L’Official de Tréguier est juge d’appel des officiaux des archidiacres et il a une tâche plus lourde qu’à Rennes. Il reçoit diverses missions. Ainsi il est notamment chargé par le pape Nicolas IV d’enquêter et de statuer sur les atteintes portées par l’abbé de Beauport à d’autres monastères. C’est en 1283 qu’Yves devient recteur de Tredrez, il le sera pendant 8 ans et on se retrouve en 1292. Ensuite, il devient recteur de Lohannec pendant plus de 10 ans soit jusqu’à son décès à Tréguier le 19 mai 1303.

Présentation du Grand pardon de la Saint Yves à Tréguier (Bretagne) par le secrétaire de la CSY

Après avoir présenté le Grand pardon de la Saint Yves (voir l’invitation ci-jointe en annexe 1), le secrétaire a demandé aux personnes présentes de lui faire part très rapidement de leur intérêt pour ce pèlerinage. Un petit groupe s’est ainsi constitué.

Madame Aurore de Longeaux, trésorière de la CSY, a présenté l’état financier de la Conférence Saint-Yves

La trésorière a indiqué que le compte courant de la Conférence Saint-Yves a un solde positif mais que l’exercice 2014 est négatif en raison notamment d’une baisse importante des cotisations par rapport aux années précédentes.

La trésorière a rappelé l’importance pour les membres et les abonnés de régler leur cotisation. Elle a également indiqué que le désistement d’un membre ou d’un ami de la Conférence Saint-Yves après inscription à un évènement ne permet pas de s’exonérer de la participation financière initialement demandée. La Conférence Saint-Yves doit en effet régler ses prestataires et ne peut se permettre de supporter les pertes financières engendrées par ces désistements.

L’aumônier de la CSY, l’abbé Jean Ehret, a ensuite pris la parole

L’aumônier de la Conférence Saint-Yves s’est réjoui de voir rassemblé un grand nombre de membres, dont beaucoup de jeunes. Il remercia le petit comité pour tout le travail accompli au cours de l’année passée, en particulier par le président, Me William Simpson, qui avait su redynamiser la CSY.

En ce qui concernait la mission du juriste catholique, l’abbé Ehret constata que les laïcs n’assumaient toujours pas leur rôle dans l’Église. Certes on avait engagé de nombreux laïcs au service de la pastorale. Or ceux-ci assumaient, voire copiaient des rôles cléricaux. Telle n’était pas l’idée que le Concile Vatican II avait conçue : le laïc devrait être celui qui vivait dans le monde et qui était en même temps homme ou femme de foi. Il s’agissait donc d’un modèle relationnel : être chrétien, vivre une relation au Christ, devait transformer la relation que les juristes entretenaient avec le monde tout comme le fait d’être père de famille changeait le rapport de cet homme avec le monde. En effet, nos relations influençaient nos choix, nos jugements de valeur, notre organisation du temps, nos priorités etc. Il s’ensuivrait, poursuivit l’abbé, une problématisation différente de la société actuelle qui ne se limiterait pas à certains sujets sociétaux. En même temps une telle posture pourrait aussi sortir la théologie de son vase clos et la laisser devenir à nouveau le langage d’une recherche de Dieu ecclésiale dans le monde à partir de l’Écriture et de la Tradition.

Suite à l’intervention d’un membre concernant l’évolution des rapports entre l’État et les communautés religieuses, l’aumônier releva le défi auquel l’Église elle-même était exposée à ce moment de l’histoire : sortant de la « chrétienté » dont elle gardait nombre de privilèges et structures, elle devait apprendre à se comprendre, à se situer, à s’exprimer dans un monde pluraliste, restant fidèle à l’Évangile, cherchant à employer au mieux, dans une perspective missionnaire, les ressources dont elle disposait encore. Pour l’abbé Ehret, il ne fallait donc pas essayer de préserver avant tout les structures du passé. Par ailleurs, celles-ci semblaient depuis longtemps ne plus être portées par la base : il suffisait par exemple de se rendre compte qu’on ne disposait pas d’assez d’enseignants de religion pour assurer les cours ce qui montrait que le métier n’était plus considéré comme un choix à prendre en considération par les étudiants même si les familles continuaient à inscrire leurs enfants à l’enseignement religieux à l’école. Le christianisme de nombreux fidèles était une religion de consommation de services ecclésiastiques. Les nouveaux rapports entre l’État et l’Église ne devraient donc pas créer de fausse nostalgie, mais servir d’occasion pour se renouveler et se réorganiser. L’archevêché avait d’ailleurs commencé à mettre en œuvre un nouveau plan pastoral dans ce sens et l’abbé Ehret comptait sur le soutien des membres de la Conférence Saint Yves !

D’autres membres du barreau ou des institutions ont pris la parole afin de donner leur vision de la Conférence Saint-Yves.

La séance a été levée vers 22:30.

Le petit comité de la Conférence Saint-Yves

Compte rendu du Grand Comité de Mars 2015

Compte rendu du Grand Comité de Mars 2014

Cher Membre,
Madame, Monsieur,

Le Grand Comité de la Conférence Saint-Yves s’est réuni à 20:00 le 13 mars 2014 au Centre Jean XXIII à Luxembourg-ville.

Une vingtaine de membres étaient présents.

Après le traditionnel repas du Grand Comité (composé notamment de boudin noir), béni par l’aumônier de la Conférence Saint-Yves, les points suivants ont été successivement présentés :

Le président a pris la parole en soulevant deux questions à propos de la Conférence Saint-Yves : d’où venons-nous ? et où allons-nous ?

1. D’où venons-nous ? un bref rappel historique de la Conférence Saint-Yves a été présenté (la Conférence Saint-Yves existe depuis 1916 ! Et le bulletin depuis 1952), un compte-rendu des activités des années judiciaires 2012-2013 et 2013-2014 a été donné, et les trois principaux éléments qui constituent la vie de la Conférence ont été soulignés : 1) la messe de la rentrée (dite messe votive du « Saint-Esprit »), 2) le banquet et 3) le bulletin.

2. Et où allons-nous ? les principaux projets ont été présentés et discutés notamment concernant les conférences à venir (portant sur des questions en lien avec l’actualité juridique luxembourgeoise et européenne mais aussi sur des questions liées à la Foi), le prochain banquet (avec la venue de M. Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC), les aspects matériels du bulletin, la communication de l’association, et les échanges aux niveaux national et international (indiquant par ailleurs que des conférences saint-Yves sont en « réactivation » dans d’autres pays aussi).

Un bilan a été esquissé : (i) le nouveau petit comité a connu une période d’apprentissage depuis 2012 – il s’agit maintenant de consolider les acquis ; (ii) rappeler l’importance d’une Conférence Saint-Yves au Luxembourg.

La trésorière a présenté les états financiers de la Conférence Saint-Yves en soulignant notamment que le compte courant de la Conférence Saint-Yves a un solde positif

La trésorière a rappelé l’importance pour les membres et les abonnés de régler leur cotisation ainsi que les participations aux différents évènements – y compris si celles-ci sont annulées après la date limite d’enregistrement. En effet, il ne peut incomber à la Saint Yves de régler sur ses fonds propres les annulations de dernière minute.

L’aumônier a ensuite pris la parole

Il a d’abord présenté, en tant que co-rédacteur du bulletin, les principaux défis rencon-trés pour la publication du bulletin numéro 114 (le bulletin est d’ailleurs disponible sur le site Amazon.de). Il a remercié les personnes qui ont contribué activement à la réalisation du bulletin (que ce soit par la rédaction d’article, le travail de mise en page, ou la distribution).

Les défis concernant les bulletins à venir ont été abordés en faisant notamment un appel aux bonnes volontés pour la rédaction et la mise en page des futurs bulletins (deux bulletins sont prévus pour cette année 2014).

De même l’abbé Jean Ehret a rappelé, en tant qu’aumônier de la Conférence Saint-Yves, le rôle d’une Conférence Saint-Yves qui est de constituer un groupe de juristes afin de proposer une réflexion chrétienne à la suite du pape François et non de s’opposer à certains changements, notamment concernant les différentes réformes sociétales en cours.

Notre nouveau secrétaire nous a présenté le pèlerinage de la Saint-Yves

Le pèlerinage, appelé « Pardon de la Saint-Yves », à Tréguier en Bretagne est prévu pour le mois de mai prochain (les informations sont disponibles sur le site csy.cathol.lu). Pour mémoire, les membres de la Saint-Yves se sont rendus pour la première fois à Tréguier en pèlerinage à l’occasion du sixième centenaire de la canonisation de saint Yves (le 19 mai 1947).

Le secrétaire a demandé aux personnes présentes de lui faire part très rapidement de leur intérêt pour ce pèlerinage. Un petit groupe s’est d’ailleurs constitué.

Enfin, une discussion ouverte a permis aux différentes personnes présentes de poser des questions

Les « anciens » de la Conférence Saint-Yves ont remercié l’actuel petit comité. Parmi eux, Monsieur Jacques Santer a pris la parole afin de donner des conseils pour développer au mieux la Conférence. L’idée d’établir des points de contacts pour chaque branche du droit (barreau, institutions UE, secteur bancaire, anciens…) a été mentionnée plusieurs fois.

D’autres membres du barreau ou des institutions ont pris la parole afin de donner leur vision de la Conférence Saint-Yves.

La séance a été levée vers 22:00.

Le petit comité de la Conférence Saint-Yves

Compte rendu du Grand Comité de Mars 2014
 
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