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Un témoignage de Michele Camposeo

« Servir Dieu aujourd’hui est, avant tout, un travail d’humanisation… »

novembre 2016

 
Marié depuis 1997 avec Isabella, et père de 4 formidables enfants, j’ai décidé de me consacrer au service de Dieu. Cependant, ce choix est le fruit d’une très longue maturation dont les premiers bourgeons datent depuis mon très jeune âge. Ayant grandi à Bonnevoie, dans la Parroisse Regina Pacis et fréquentant la Mission Catholique Italienne, je me suis engagé, faisant partie d’un groupe de jeunes très dynamique et fervent. Entretemps, on m’avait confié la tâche d’animateur liturgique et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à découvrir l’importance et la beauté de la liturgie.

Le mot liturgie qui en grec signifie « le service du peuple » vers Dieu, s’entend aussi comme « le service de Dieu » vers le peuple. Cet appel fervent à me mettre au service de Dieu et au service du peuple était devenu si intense que je me suis dit : « Je veux que toute ma vie soit une »liturgie« , témoignant ainsi, à travers un travail d’humanisation, le message de la bonne nouvelle à savoir : Christ est né, Christ et mort, Christ est ressuscité ! »

Cependant, je ne peux porter la Bonne Nouvelle que si je la connais. Ainsi, me former aux Écritures et à la tradition de l’Église n’est pas quelque chose de facultatif, car Dieu s’est révélé, spécialement en Jésus. Et dans les Évangiles, on voit, que Jésus a longuement enseigné à ses disciples. Si je me dis disciple, je ne peux ignorer cet enseignement. J’ai donc à me former tout au long de ma vie. Si j’ignore le contenu de la Révélation, le contenu accessible par la raison, je ne peux pas me dire chrétien. Saint Pierre dit (1 Pierre, 3, 15) : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous. »

Les expériences vécues durant ma formation au sein d’un Hôpital m’ont permis de côtoyer la pauvreté, la fragilité ainsi que la souffrance de l’humain. Appelé sur tous les fronts, du service des soins palliatifs, à la maternité, en passant par la psychiatrie, le service oncologie, la chimiothérapie ambulatoire, la morgue, sans oublier le personnel, ces expériences de vie, ont réellement consolidé ma foi en Dieu. Malgré les situations difficiles, je n’ai jamais douté de son existence, au contraire !

C’est dans ces moments là que j’ai réalisé que le service vers Dieu passe avant tout par un travail d’humanisation et ma vocation pour le service envers nos frères et sœurs, vivant dans les « périphéries » physiques, psychiques et spirituelles, s’est affermie à travers l’écoute et le témoignage de la présence de Dieu. Dans chaque individu souffrant, je cherchais à reconnaître le visage du Seigneur et c’est là que j’ai pu découvrir cette réalité ; si Dieu demeure dans le silence total cela ne signifie nullement qu’il est absent. En fait, Dieu agit dans nos vies, afin qu’à notre tour, nous agissions dans la vie des autres.

Ainsi, en lien avec l’enseignement de Jésus-Christ, la mission fondamentale de la pastorale des malades consiste, dans les situations de confrontation à la maladie et à la mort, à protéger et à cultiver cette vision de l’homme, de manière à apporter un témoignage véritable de foi, d’espérance et de charité.

J’ai trouvé intéressant de remarquer d’emblée que cette mission est peut-être déjà esquissée dans le premier livre de la Bible, plus connu sous le nom de « Genèse », qui évoque la « création ». Dans ce texte, apparaît l’idée que Dieu a donné à l’être humain de résider librement dans un « jardin » et de le maîtriser, avec toutes (presque toutes) les merveilles qu’il contient. Or, dans la version originale, le mot « jardin », en hébreu, est « gan », qui dérive de la racine « ganan », qui signifie « protéger ». Voilà donc comme une possibilité pour moi d’entrevoir, dès les premiers chapitres du texte biblique, la mission que Dieu semble avoir confié à l’homme : protéger et défendre « l’humain », et le monde.

Et le baptême ? – À travers le baptème, l’humain est entré en communion avec Dieu. Devenant ainsi membre du Corps du Christ, il est revêtu de la dignité de prêtre, prophète et roi. Voilà la belle responsabilité qui nous est confiée.

À nous de Le servir comme le Christ nous l’a enseigné ; avec charité, dans la joie et la paix.

Michele Camposeo

 
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