Demandez, et l’on vous donnera…

Une solidarité impressionnante pour accueillir 21 personnes d’origine afghane à Rippig

Au mois de décembre, au début des vacances scolaires, 21 Afghans sont arrivés dans un petit chalet de scouts que l’OLAI loue comme foyer d’accueil. Les 21, tous des garçons, sont pour la plupart très jeunes - entre 19 et 25 ans – et forment un groupe très sympathique et dynamique. Deux hommes, d’une cinquantaine d’années, jouent les rôles de personnes d’autorité et de sages et gèrent la vie communautaire.

Très vite, un petit groupe de bénévoles s’est constitué avec des personnes liées à la paroisse et des personnes non-catholiques vivant dans les villages avoisinants, qui essaient de mettre en place un projet d’accueil pour ces réfugiés.

Au début il s’agissait surtout de nouer des contacts, d’avoir une certaine présence avec eux afin de se connaître mutuellement. On en a profité pour compléter l’équipement du chalet, avec l’achat d’une télévision, la mise en route de l’antenne satellite, la récupération de tapis pour les chambres et la réparation des lampes, la mise à disposition d’affaires personnelles manquantes. Parfois la chance ou peut-être la grâce nous aide ; une famille de Junglinster nous a proposé de vider une maison suite à un décès et on a pu récupérer beaucoup de matériel (armoires, produits de nettoyage, aspirateur, vêtements, outils de jardinage…) pour les réfugiés.

L’échange se fait en ce moment surtout en anglais, langue que la moitié des locataires parle assez bien. Leur langue maternelle est le Dari, une variante du Persan, qui s’écrit avec l’alphabet persan-arabe. Nous avons tous appris énormément sur nos cultures respectives, nos religions et sur nos habitudes de vie. Nous avons été à plusieurs reprises invités à manger chez eux et nous avons pu apprécier leur excellente cuisine afghane.

Ce groupe de bénévoles, qui s’est agrandi depuis le début de l’année, se voit maintenant régulièrement pour réfléchir à un projet un peu plus structuré avec les réfugiés. Au programme : intégration, travail culturel, engagement sportif et mise en place de cours de langue.

L’intégration de ce groupe de jeunes Afghans est essentielle, car leur arrivée à 21 personnes dans un tout petit village ne passe pas inaperçue. Du coup, nous avons pris notre courage à deux mains pour faire le tour des voisins les plus proches pour leur présenter les nouveaux arrivants. Drôle d’expérience, mais qui a remporté un large succès, vu les échos très positifs par après, les voisins se disant enchantés de la visite. Comme quoi le chemin de l’intégration est parfois moins compliqué qu’on ne le pense, il suffit de se lancer pour aller à la rencontre de l’autre et dissiper les peurs liées à l’inconnu. Au niveau culturel, nous allons donc en profiter pour introduire le groupe d’Afghans aux activités locales. On commence par le Liichtmessdag, événement pour lequel Josiane, assistante pastorale à Bech, a pris contact avec les parents à Rippig, afin que leurs enfants passent au chalet avec leurs lampions. Ceci permet de nouer de nouvelles relations au niveau du village.

Lors de nos rencontres nous avons aussi sondé les souhaits au niveau du sport. La plupart sont des férus de football. Nous nous sommes donc maintenant lancés, avec l’aide du club de football de Junglinster, dans la procédure de leur faire donner des licences, en vue de créer par après une troisième équipe au niveau du club. Il nous reste à arranger le médico, trouver un entraîneur et rassembler l’équipement (chaussures, tricots,…) pour démarrer le football. Pour les autres : jeu d’échecs, bodybuilding et pêche.

Un des enjeux majeurs pour eux est l’apprentissage de la langue française, condition pour participer à la vie sociale luxembourgeoise. Plusieurs d’entre eux suivent des cours avec la Caritas dans le cadre des classes Passerelles, certains ont aussi pu s’inscrire à l’INL. Mais ce serait dommage que les autres (plus de la moitié du groupe) n’ait rien pour débuter l’apprentissage des langues. Nous avons donc réuni un groupe d’une dizaine de personnes qui vont donner des cours de français. Ces cours ont déjà commencé. Il est apparu qu’il faudra surtout travailler en petits groupes selon leur niveau de connaissances antérieur. Il est évident que l’apprentissage du français est plus ou moins facile selon que l’on connaît déjà l’anglais et l’alphabet romain ou pas. Nombreux sont ceux qui n’ont pas vraiment suivi d’enseignement formel en Afghanistan, certains ont du mal à écrire aussi dans leur langue, ce qui oblige à passer par l’étape de l’alphabétisation. Mais on ne peut que souligner leur énorme motivation pour suivre les cours. Pour les bénévoles : beaucoup de travail en perspective, mais aussi une profonde satisfaction quand on voit leur enthousiasme.

Ce qui nous enchante vraiment, c’est la facilité avec laquelle on trouve de l’aide à tous les niveaux pour le projet avec les réfugiés. D’un côté un grand nombre de personnes sont prêtes à s’engager comme bénévoles ; D’autre part, les associations, comme le football ou le club d’échecs se disent prêts à aider. De plus, on ne peut que souligner l’engagement des deux communes, Junglinster et Bech, qui soutiennent sans compter toutes nos activités.
Les chrétiens pourront se rappeler ces paroles : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. (Matthieu 7,7) ». Si nous avons le courage de demander de l’aide, nous la trouverons, dans une multitude de différents milieux. Notre rôle est d’être des médiateurs, des facilitateurs et des traducteurs entre ceux qui sont venus demander une protection au Luxembourg et ceux qui résident depuis longtemps au pays.

Paul Estgen

 
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