
|
|
lb fr
La spiritualité franciscaine3e dimanche du CarêmeAujourd’hui, nous allons nous attarder un peu sur la spiritualité de saint François. François d’Assise veut imiter et suivre le Christ. Alors qu’il se trouve dans l’église toute délabrée de San Damiano, à Assise, il fait une expérience mystique qui le bouleverse — il entend le Christ lui dire : « Va et rebâtis mon Eglise ! » François est attiré par la simplicité, la pauvreté. En surmontant l’obstacle de la richesse, de l’accumulation des biens et de l’attachement à ceux-ci, il se rapproche de son prochain et de Dieu. Ceci est d’autant plus surprenant qu’il vient lui-même d’un milieu très aisé : son père était un riche marchand de tissus et de vêtements. Sa contestation était centrée sur la pauvreté, l’humilité et une fraternité universelle, remettant en cause l’ordre social et celui des ecclésiastiques fondé sur l’argent et les privilèges. Bien qu’il ait toujours obéi au Pape Innocent III, sa vision stricte de la pauvreté a suscité une féroce opposition au sein même de l’Église, y compris de son propre ordre : sa radicalité dérangeait ! François va également se rapprocher des lépreux. Au moyen âge, la lèpre était une maladie hautement contagieuse et pour laquelle aucun traitement n’existait. Elle était considérée comme une punition de Dieu. Les lépreux étaient vus comme des pestiférés et devaient vivre à la périphérie des villes. Or François va rencontrer un lépreux et il va même l’embrasser. Après ce baiser, François est surpris par une joie saisissante qui est « don de Dieu » selon son expression. Sa joie, il va aussi l’exprimer à travers la louange en rédigeant quelques très belles prières comme celle du Cantique des créatures. La nature y est perçue comme un reflet de Dieu. Cette prière invite à une relation humble et fraternelle avec tous les éléments de l’univers. « Loué sois-tu, mon Seigneur, Pour toutes tes créatures, Surtout pour Frère Soleil, Qui illumine le jour et par qui tu nous donnes la lumière. » Il est en quelque sorte un pionnier de l’écologie. François est aussi un précurseur du dialogue interreligieux. En effet, lors de sa rencontre avec le sultan, qui était musulman, il relate combien ce moment était beau, car empreint de respect réciproque ! Aucun des deux n’a essayé de convaincre l’autre pour le convertir. François et sainte Claire d’Assise : Ils étaient des amis spirituels inséparables, partageant une profonde dévotion pour le Christ, François guidant Claire dans ses premiers pas, tout en étant soutenu par elle dans ses doutes. Au fond, qu’est-ce que François peut nous apprendre aujourd’hui ? Si nous pensons à son baiser au lépreux — Qui sont les lépreux en 2026 ? Les pauvres, les sans-abris, les réfugiés fuyant la guerre, les personnes sortant de prison, celles en perte de repères, celles qui n’ont pas de voix dans la société et dans l’Eglise. Les laisserons-nous à la périphérie ? Et cet appel de Jésus « Va et rebâtis mon Eglise », que François perçoit, ne serait-il pas aussi pour nous ? « Rebâtir » serait-ce une invitation à transformer notre Eglise en une Eglise synodale, c’est-à-dire une Église où nous marchons ensemble pour écouter, pour comprendre, pour partager, pour accueillir chaleureusement notre prochain, et célébrer notre foi en vivant et en actualisant l’évangile ? |
Äerzbistum Lëtzebuerg . Archevêché de Luxembourg
© Verschidde Rechter reservéiert . Certains droits réservés
Dateschutz . Protection des données
Ëmweltschutz . Protection de l'environnement
